Les débuts pittoresques de Notre Montagne à La Martre

Historique de l’œuvre Notre Montagne
  • Débuts pittoresques à La Martre
Source Azur de France (1927).
   Si nous arrêtons nos regards aux premiers jours de l’œuvre, ceux d’entre nous qui se souviennent, revoient l’humble berceau où elle prit naissance. Dans ce misérable hameau de La Martre, petite agglomération de masures basses et branlantes, aux murs lézardés et décharnés, le presbytère rivalise de délabrement avec les maisons adjacentes.
   Dès le début ses cinq petites pièces humides et dégradées dont les plafonds bas semblent  avoir été faits pour des Esquimaux, deviennent le refuge des sans-abris qu’un destin apaisé a fini par diriger vers ce pauvre village perdu dans la montagne, à mi-côte d’une colline pierreuse et aride. On a beau se serrer, la place manque bientôt et la population loqueteuse de la maison du prêtre déborde dans les fenils voisins au grand mécontentement de leurs propriétaires.
   Une veuve âgée vient à mourir au hameau du Plan d’Anelle, situé à quatre kilomètres de La Martre. On achète aux héritiers son antique bicoque, composée uniquement, à part deux chambres, de remises, d’écuries et de greniers à foin.  Pendant sept ans, de 1906 à 1913, l’œuvre est écartelée entre ce nouveau gîte et le presbytère de La Martre. Elle nourrit, habille et soigne de quinze à vingt hospitalisés, enfants et adultes. Deux personnes font le service. Un vieux bourriquot, grave et têtu, transporte les provisions.
    Pour donner du pain à tout ce monde l’infortuné fondateur n’a que son petit journal « Notre Montagne » qui bat quelquefois le rappel de la charité à travers la Provence et même en Amérique. Parmi son millier de lecteurs il s’en trouve parfois qui cèdent à la compassion et envoient quelques aumônes.
   En 1912, une vieille maison située en bordure du village de La Martre est en vente. Comme toutes les autres cahutes voisines, elle est dans un état effroyable de délabrement, mais elle a des dimensions  plus grandes que les logements occupés jusque là. Elle est acquise pour y installer l’œuvre et, bientôt, transformée en habitation saine et à peu près confortable. Mgr l’Evêque de Fréjus, entouré d’un nombreux clergé, vient l’inaugurer le 15 août 1913.
   Bien vite les coins et recoins  du nouveau logis regorgent d’enfants cachectiques à soigner et guérir. En quelques mois une nouvelle maison est élevée à côté et aussitôt remplie.
 

STATISTIQUES DES ACTES DE L’ASSOCIATION DE 1903 A 1926

   Depuis sa fondation, le 1er octobre 1903 jusqu’au 24 octobre 1926, l’intervention de l’œuvre a été réclamée pour 3600 personnes, enfants et adultes.
   Le nombre des interventions efficaces a été de 1514. Le décompte de ces 1514 cas s’établit ainsi :
  - Vieillards ou malades ayant été entièrement à la charge de l’œuvre pendant des séjoursvariant entre plusieurs mois et plus de vingt ans :…………………………………………………35
  - Militaires blessés soignés pendant la guerre …………………………………………………………………55
  - Enfants français élevés par l’œuvre ……………………………………………………………………………   240
   -Enfants arméniens, bulgares, russes, serbes, etc., hospitalisés dans les refuges créés en Orient puis conduits en France et placés dans des familles ……………………………………………...............315
  - Chrétiens  adultes exilés d’Asie Mineure, amenés en France aux frais de l’œuvre avec secours de l’Etat et pourvus d’une situation en France ……………………………………………………................864
   -Français nécessiteux secourus à New-York en 1925…………………………………………………………...5

                                                                                                                                          Total :        1514

   

11 Novembre 1936

photo-groupe-1936

Durant toute la journée du 11 novembre, la pure et cristalline limpidité de l'été de Saint Martin, avec son soleil aux chaudes effluves, a baigné les cimes azurées de nos montagnes et scintillé dans l'or des feuillages mourants de nos forêts.

Sur convocation des Anciens Combattants, deux émouvantes cérémonies, l'une à Châteauvieux, à 11 H 30, l'autre à La Martre, à 15 heures, ont réuni la population de ces deux villages devant le Monument aux morts, fleuri avec une fervente piété.

Respectivement rangés au bord du chemin les habitants regardaient passer le drapeau des Vétérans de l'Artuby porté par un mutilé de guerre, M. Etienne Sauvan, et escorté des vainqueurs de 1918, vieillis et survivant à leur victoire. Puis groupée dans une religieuse atmosphère de souvenir. L'assistance a honoré les glorieux rédempteurs de la Patrie.

A l'appel des noms héroïques, chaque fois la réponse traditionnelle: "Mort pour la France", s'élevait douloureuse et fière. Après avoir déposé sur la balustrade une magnifique palme garnie de fleurs, M. Jules Chaperon, Président de l'Association Régionale des Anciens Combattants a profondément ému l'auditoire en évoquant le sacrifice suprême des enfants de nos montagnes martyrisés par la mitraille. Il a fait appel à l'esprit d'abnégation civique qui peut réaliser parmi les hommes libres la véritable union sacrée, seul rempart inexpugnable contre la rapacité des nations envieuses.

Un banquet populaire de quarante couverts a réuni, au Cercle, les anciens combattants et leurs amis, sous la présidence de M. Jules Chaperon, entouré de M. Lucien Pelissier, chevalier de la Légion d'Honneur, grand mutilé de guerre, et de M. le maire de Brenon.

Exquis et abondant, le menu, entièrement composé de gibier varié et d'autres produits de la montagne, aurait facilement excité la convoitise des gourmets les plus raffinés. Une fois de plus, la gérante du Cercle, Mme Lucie Sauvan, a fait la preuve de cette rare habileté culinaire qui lui vaut une renommée bien justifiée.

La fête s'est prolongée tard dans la nuit, par un concours de belote très animé.

L'Eclaireur de Nice et du Sud-Est. 13-11-1936.

Châteauvieux : Madeleine de la Palud « Princesse des sorciers » au pays de Provence

Madeleine de la Palud Une affaire de possession diabolique ou prétendue telle, jugée par le parlement d'Aix en 1611, a donné lieu à une abondante littérature. Cette affaire concerne le curé des Accoules, Louis Gaufridy, condamné pour envoûtement et pacte avec Satan, soumis à la torture avant d'être brûlé vif à Aix, place des Prêcheurs. Elle intéresse le Var pour la triste destinée de "la victime". Celle-ci, Madeleine Demandolx de la Palud, née à Rians en 1593, jeune ursuline en proie à des troubles de langueur et à des terreurs nocturnes, accusa son confesseur, le trop séduisant Gaufridy, de l'avoir ensorcelée par son souffle diabolique, conduite au sabbat, contrainte à toutes ses volontés, connue charnellement "tant derrière que devant" précisera-t-elle dans ses révélations. Exorcisée à la Sainte Baume, enfin débarrassée de ses encombrants démons, Madeleine Demandolx mena par la suite une vie errante, allant de ville en ville sous étroite surveillance religieuse, se proposant comme maîtresse d'école, toujours vêtue de noir, souvent chassée par la rumeur qui l'accusait de jeter des sorts et de gâter les récoltes. Elle aurait mendié à la porte des églises et même vendu des fagots, ce qui nous paraît un comble pour une prétendue sorcière ! Elle vint enfin, après la mort de son père en 1644, se réfugier dans une bastide que sa famille possédait à Saint-Jérôme, près de Marseille, se consacrant à l'enseignement, à des oeuvres pieuses et à des travaux agricoles. Mais, l'ancienne pénitente de Louis Gaufridy, prince des magiciens, traînait derrière elle une odeur de soufre qui ne la quittera jamais... Lire la suite

La bonne Claudia

  Légendes de l’Artuby (Azur de France 1937-1938). maison-cauvin1 LA BONNE CLAUDIA « Il est plus héroïque de vivre de son chagrin que d’en mourir » Octave Feuillet.   Il avait 83 ans, M. Louis Delphin. Autour de sa calvitie rose tendre, indice d’une riche euphorie, ses cheveux blancs formaient une demi-couronne monacale. A côté de la blancheur de ses tempes, ses yeux d’un bleu sombre ressemblaient à deux fleurs de gentianes au bord d’un champ de neige. A travers son visage glabre, d’un ovale délicat, quelques rides légères étendaient leurs arabesques couperosées. Encore vigoureux et long comme un bel arbre bien droit, ce vert vieillard avait les épaules carrées et solides. Lire la suite

Bonne et Heureuse Année 2016

Le président et les administrateurs de Notre Montagne vous présentent leurs meilleurs Voeux pour la Nouvelle Année (Carte postale du 06 janvier 1931 écrite par l'abbé Jules Chaperon, destinataire : Adrien Vautel). Voeux 1931 jpeg    

Saint-Pierre en Demueyes

St Pierre  Juillet 2014     Rares sont les études et documents relatifs au patrimoine de notre région du Haut-Var. Nous en devons quelques uns aux travaux et recherches de l’abbé Jules Chaperon. C’est le cas de la chapelle de Saint-Pierre en Demueyes, autrefois abbaye Cistercienne dont les recherches historiques situent l’existence au XIIème siècle. Madame le maire de La Martre, Raymonde Carletti, a eu la gentillesse de me communiquer l’étude réalisée par l’abbé Jules Chaperon réalisée en 1904. Afin de rendre ce travail accessible à tous je l’ai retranscrit fidèlement afin qu’il ne sombre pas dans l’oubli. Lire la suite